07 août 2008

Bronzes antiques

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(Cheval volant, bronze, haut. 34,5 cm, découvert en 1969)

Le bronze est un alliage composé d'environ 60% de cuivre et d'une proportion d'étain (au moins 5%, au maximum, en Chine, 16%). Les métallurgistes y ajoutent éventuellement d'autres éléments comme du plomb, afin d'abaisser la température de fusion et de faciliter la retouche en surface de l'objet obtenu. Si l'on prend pour références les cultures de Mésopotamie, il semble que la métallurigie en Chine apparaissent plus tard et ce n'est qu'après une longue périodes de tâtonnements, où les artisans découvrent les propeiétés fusible du métal en utilisant divers minerais météoriques que le bronze se développe. Au IIe millénaire il se développe rapidement, notamment sous la dynastie des Shang.
Dans le monde entier, les pièces de bronze s'obtiennent à partir de formes creuses réalisées en combinant un noyau et un moule extérieur. Cette forme creuse, reproduisant à l'envers un modèle préalablement réalisé en argile, comporte un noyau ou "âme" de terre se situant au centre. Celui-ci est alors recouvert d'une couche d'argile légèrement plus grande (le moule extérieur), de manière à ce que persiste un vide entre les deux couches, où l'on introduira le métal. Le bronzier chauffe alors l'ensemble, afin que l'argile se durcisse et verse le métal en fusion avec de grandes précautions afin d'éviter les bulles d'air. Il suffit alors de laisser refroidir et une fois cela fait casser le moule en argile et récupérer l'objet. Ce procédé permet d'obtenir des pièces aux parois fines et d'économiser au maximum le métal. Les bronziers chinois l'utilise notamment au pays des Chu, pour les décors de patite taille et seulement à partir du VIe siècle avant notre ère.

A cette technique bien connue dans de nombreuses civilisations, les bronziers chinois ont en effet préféré la plupart du temps une autre méthode, la découpe du moule extérieur en plusieurs parties. Après quelques tâtonnements (l'essai du martelage, du découpage en rubans), les bronziers inventent une technique de fonte sophistiquée, ayant recours aux moules à sections: le moule nécessaire à la fabrication d'une pièce est découpé en plusieurs éléments que l'on assemble quand on prépare la coulée.
Ce type de moule exige une conception réfléchie et planifiée de la production, ainsi qu'une grande abondance de matière première. Il présente cependant de grands avantages: non seulement il facilite le démoulage, mais, d'une manipulation aisée, il permet la gravure fine ou la sculpture en bas-reliefs sophistiqués de motifs très complexes.

La grande chance des communautés chinoises sur ce point est d'avoir disposé, pratiquemnt dans l'ensemble de la Grande Plaine, de diverses terres de très bonnes qualités (notamment le loess du fleuve Jaune): des terres propres à créer de tels moules réfractaires supportant de très grands feux et par ailleurs suffisamment plastiques pour donner forme fine à une iconographie religieuse foisonnante. Ce procédé facilite ainsi le travail des graveurs et sculpteurs qui dessinent puis travaillent très finement en creux et reliefs les motifs prévus à l'intérieur même des segments, sur la face interne du moule extérieur. Il permet ainsi une très grande précision dans le décor. En contrepartie, il présente un inconvénient majeur c'est qu'il consomme beaucoup de métal. Les bronziers chinois ne s'en affolait pas à cause de l'importance de leurs gisements.

Dès les Shang (IIe dynastie avant notre ère), les souverains ou leurs proches réussisent à rassembler des quantités énormes de métal, alors même que les gisements se situents parfois à plusieurs centaines de kilomètres des cités: une reine, Fu Hao (elle vivait vers 1200 av. notre ère, oubliée jusqu'à la découverte de sa sépulture, inviolée, en 1977 à Anyang) reçut ainsi (ou avait amassé) un ensemble de 468 récipients de bronze pesant au total environ 1,6 tonnes.

A partir du milieu du premier millénaire avant notre ère et surtout à l'époque des royaumes combattants, les techniques métallurgiques connaissant une évolution profonde. Les artisans commencent en effet à traiter le fer. Ils inventent de nouvelles méthodes et des styles pour réaliser sur les bronzes des décors traduisant l'évolution de leurs préoccupations. On voit insi apparaître au Ve siècles avant notre ère non plus seulement des thèmes invoquant des créatures terribles ou protectrices, mais aussi des narrations; elles mettent en scène des animaux, des hybrides, des sortes de demi-dieux fabuleux, et de plus en plus des personnages. Ces scènes historiées sont obtenues par l'incrustation de diverses matières, telles que l'or, l'argent, la laque, voire même de la pâte de verre.

Enfin, les bronziers tirent de leur expérience une réfléxion très moderne sur l'efficacité, la productivité. Le rituels antiques les obligeaient en effet à produire en quantité les pièces allant souvent par paires ou par séries. C'est sans doute pour répondre à cette double exigence de répétitivité qu'ils ont été amenés à favoriser systématiquement le travail en moules à sections. Ainsi serait née la production modulaire chinoise, tournée non pas vers le gain de temps mais vers la réalisation rationalisée d'un grand nombre d'objets proches (même s'ils ne sont pas systématiquement identiques) sans rien perdre de la qualité nécessaire.

Posté par rubyring à 17:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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