02 septembre 2008

Laques chinois

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Le laque est connu depuis le néolithique en Chine. Cette matière est une résine que l'on récupère sur l'arbre à laque ou laquier (Rhus verniciflua) en incisant son écorce après quelques années de vie. Cet arbre est originaire de Chine et sera transplanté au Japon, en Corée et en Annam. Ces arbres poussaient couramment dans le centre ouest et le sud de la Chine (surtout dans les provinces du Shaanxi, Hubei, Sichuan, Guizhou et Yunnan). Le suc prélevé se ducit naturellement lorsqu'il est placé à l'air, en atmosphère chaude et humide. Le laque détient de nombreuses propriétés comme la résistance à l'eau, à la chaleur, aux acides, une grande solidité et il est léger.

L'usage du laque est attesté depuis la fin de la dynastie Shang (env. 1200 av. notre ère) où il est appliqué sur des bois sculptés, on l'utilisait également pour préserver les parois des piliers funéraires. Sous les Zhou, on l'employait sur des véhicules et pour recouvrir des harnais et certaines armes. Il connaît un grand succès à l'époque des Royaumes combattants (475-221 av. notre ère) puis des Han (206 av. notre ère - 220 ap. notre ère). Puis il perdra de son ampleur et c'est seulement sous les Tang et les Song qu'il retrouve une place. Sous la dynastie des Yuan, le laque est abondant et varié; il va évoluer de façon régulière sous les Ming et les Qing.

Le laque peut s'appliquer sur des tissus, des métaux, du cuir, de la vannerie, de la porclaine mais la plupart du temps il est utilisé sur du bois ou sur une toile interposée.

Après avoir récupérer la résine on la nettoie en procéant à divers filtrages et à une ébullition lente. L'artisan peut introduire des couleurs à ses laques et s'il le fait se sera pendant que le laque est dans un état semi-fluide. En règle général les couleurs introduites sont le noir (sulfate de fer ou noir de fumée) et le rouge (sulfure de mercure), mais on peut également y introduire du vert, du jaune et du bleu mais peut également être véhicule de poudre d'or et d'argent. On utilise le plus souvent le noir et le rouge, car la laque détruit le plus souvent les autres pigments que l'on tente d'ajouter.
On travaille le laque en l'étalant sur les divers supports. Une fois que la matière est durcie il faut la polir avec soin, afin que le grain de surface soit le plus doux possible. On peut superposer plusieurs couches mais à chaque fois il faut laisser sécher la précédente et la polir avant d'en poser une nouvelle. Sous la dynastie des Ming le nombre de couches pouvait aller jusqu'à cent! Le séchage est effectué dans des fosses ou dans des barques sur des lacs.
Une fois séché et poli le laque reçoit un décor. Le plus simple est le décor peint au moyen de laques colorés ou dorés. Le décor sculpté, taillé dans l'épaisseur des couches, est connu dès les Han et dominera la production à partir des Yuan. Le laque peut aussi être incisé, les creux, linéaires ou larges, étant remplis d'or ou de couleurs. Enfin, il est souvent incrusté de matières variées : l'argent (à l'époque Han), la nacre, l'argent et l'or (aux époques Tang et Ming), des combinaisons de nacre, d'ivoire, de pierres dures (à l'époque Qing). Le soin et le temps requis pour la réussite des laques en ont fait, à toute époque, des objets de luxe. Sous les Ming, on imita à bon marché les laques sculptés en recouvrant des reliefs préalablement ciselés ou moulés.

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Posté par rubyring à 16:16 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Laques chinois

    Merci , c'est passionnant !

    Posté par sophie., 02 septembre 2008 à 19:40 | | Répondre
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